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P.Th. | Publié le 10.12.2013, 15h36 | Mise à jour : 19h29
Au cinquième jour de l'opération «Sangaris», l'Assemblée nationale a débattu de l'intervention française en Centrafrique. Endeuillé par la mort de deux soldats français dans la nuit de lundi à mardi à Bangui, où le président François Hollande doit se rendre dans la soirée, un débat «sans vote» s'est tenu dans l'hémicycle.  
Si la quasi-totalité groupes politiques ont apporté leur soutien à l'opération militaire, de nombreuses réserves ont été émises. Outre le coût et la durée de l'intervention, l'isolement de la France et le sens de sa politique extérieure en Afrique ont fait débat.

La discussion, comme le discours de Jean-Marc Ayrault, a débuté par un hommage à Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio, les deux soldats français du 8e RPIMa de Castres, morts à Bangui. «La décision d'engager nos forces est toujours une décision grave», a déclaré le Premier ministre après la minute de silence observée par les députés en l'honneur des deux militaires. Dans la matinée, il avait reçu à Matignon l'ensemble des responsables parlementaires pour les informer.

VIDEO. Centrafrique : l'intervention de Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée


Jean-Marc Ayrault, dont le discours était lu au même moment au Sénat par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est employé à défendre l'opération Sangaris, une «intervention urgente et nécessaire» engagée dans le cadre d'un mandat de l'ONU. «Quelques heures auparavant, des miliciens armés étaient en train de massacrer dans les rue de Bangui, n'épargnant ni les femmes, ni les enfants», a plaidé le chef du gouvernement décrivant un pays «au bord du gouffre», une «tragédie au plein coeur de l'Afrique». Abordant le volet sécuritaire, il a souligné que la région ne devait «en aucun cas devenir un sanctuaire pour les trafics et les terroristes».

«Face à ce drame, la France pouvait-elle ne rien faire?» a poursuivi le Premier ministre. «Pour la France, l'inaction n'était pas une option. Attendre, c'était prendre le risque d'un désastre (...) d'une intervention ultérieure beaucoup plus coûteuse et difficile.»

Jean-Marc Ayrault a profité de son discours à la tribune de l'Assemblée pour répondre aux critiques, rassurant notamment sur le financement de l'opération Sangaris. Ce financement «est prévu au budget de l'Etat, comme en atteste la clause de garantie figurant dans le projet de loi de programmation militaire», a-t-il assuré.

«Non, la France n'est pas le gendarme de l'Afrique», a-t-il continué, elle ne fait que répondre «à l'appel de ses partenaires africains et fait face à l'urgence absolue de prévenir une spirale de massacres». «Le temps de la Françafrique est terminé», a-t-il ajouté, provoquant des grognements à droite.

VIDEO. Centrafrique : l'intervention de Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée

Christian Jacob a d'emblée a reproché à Jean-Marc Ayrault le ton «polémique» de son intervention et sa «méconnaissance de notre continent africain». Le chef de file des parlementaires UMP a appelé à un «effort de pédagogie et de vérité sur notre stratégie militaire en Afrique». «La France défend ses intérêts, dite-le clairement M. le Premier ministre! Cela renforcera la légitimité de cette opération», a-t-il lancé. Le «soutien de l'UMP à cette opération» n'est pas exempt de critiques et d'interrogations. «La France est une fois de plus bien seule», a déploré Christian Jacob, s'inquiétant également de «notre capacité à tenir budgétairement un tel engagement».

VIDEO. Les groupes politiques réagissent à l'intervention française

Pour le groupe socialiste, Bruno le Roux a mis l'accent sur «l'urgence humanitaire». L'élu de Seine-Saint-Denis a rappelé la nécessité de «protéger une population en proie aux exactions d'une milice». Evoquant «un véritable chaos», «une situation pré-génocidaire», des «massacres à la machette qui ont visé indifféremment hommes, femmes et enfants, les actes de tortures et les viols», le patron du groupe PS à l'Assemblée en a conclu : «Seule la France a pris toutes ses responsabilités.»

Le groupe RRDP, composé à majorité de radicaux de gauche, a approuvé, par la voix de Roger-Gérard Schwartzenberg, «une action conforme aux valeurs de la République». «Le fait que ce débat ne soit suivi d'aucun vote prive les parlementaires du droit de se prononcer», a fait remarquer l'élu du Val-de-Marne. «La France a l'obligation d'agir, mais il est souhaitable qu'elle ne soit pas la seule», a-t-il fait valoir. Le président du groupe RRDP n'a pas non plus caché son scepticisme quant à la vocation de cette opération à ne pas «durer».

André Chassaigne a, lui, mis en avant les «valeurs anti-coloniales défendues par les communistes». S'exprimant au nom du groupe GDR (NDLR : Gauche démocrate et républicaine)
, le député du Puy-de-Dôme a dénoncé une intervention qui «s'inscrit dans une longue lignée d'opérations menées par les troupes française dans cette colonie» et «qui n'ont jamais permis de répondre aux maux qui gangrènent la Centrafrique». «Au regard de notre histoire en Centrafrique on peut légitimement s'interroger sur les motivations de cette intervention», a poursuivi l'élu communiste. Appelant à «rompre définitivement avec la Françafrique».
Jean-Louis Borloo, l'a assuré, l'UDI «ne mégote pas» son soutien. Le centriste s'est néanmoins inquiété de l'isolement de la France. «Comme pour le Mali, seuls des enfants de France risqueront leurs vies aux côtés de nos frères africains», a regretté le député du Nord, avant tacler l'exécutif : «Notre capacité militaire l'emporte considérablement sur notre capacité de persuasion politique.»

François de Rugy a lui aussi accordé un soutien en forme de «oui mais...» au gouvernement. Lui qui a exprimé ses réserves sur la durée de l'engagement français et sur la question de l'effort financier, a surtout appelé à une réflexion «sur la trajectoire et le sens que nous entendons donner à notre politique extérieure sur le continent africain».












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