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Après un week-end agité par les déclarations anti-austérité de M. Montebourg dans les pages du Monde et ensuite depuis son fief électoral de Frangy-en-Bresse, le Premier ministre a présenté à François Hollande la démission de l'ensemble du gouvernement.

La charge de Montebourg fait voler en éclats le gouvernement


Manuel Valls, reçu pendant une heure lundi matin par le chef de l'Etat, est désormais chargé de constituer, d'ici mardi, une "équipe en cohérence avec les orientations" que François Hollande "a lui-même définies pour notre pays", a déclaré l'Elysée dans un bref communiqué.

Rendez-vous avait été pris dès dimanche soir pour ce tête-à-tête à l'Elysée, indique l'entourage du chef de l'Etat, qui sera en fin de matinée à l'île de Sein (Finistère) pour le 70e anniversaire de la Libération du pays.

Dimanche soir, l'entourage de Manuel Valls avait lancé un premier avertissement en déclarant que le ministre de l'Economie avait "franchi une ligne jaune", dans la mesure où "un ministre de l'Economie ne peut pas s'exprimer dans de telles conditions sur la ligne économique du gouvernement et sur un partenaire européen comme l'Allemagne".

"Le Premier ministre est décidé à agir", avait-il mis en garde. Mais l'hypothèse d'un recadrage était privilégiée et personne ne s'attendait à un remaniement.

Arnaud Montebourg, invité sur Europe 1 peu avant l'annonce de la démission du gouvernement, avait persisté dans sa critique du cap fixé par François Hollande, assurant toutefois qu'il ne se plaçait pas "dans l'hypothèse" d'un départ de l'exécutif.

"Il ne me semble pas qu'on se sépare de ministres pour la simple raison qu'ils portent des propositions dans un débat justifié", avait-il dit, sans regretter ses déclarations. Rejoint dans son analyse par Benoît Hamon, qui était son invité vedette dimanche à Frangy-en-Bresse, il avait estimé qu'il n'y avait "nulle remise en question de la solidarité gouvernementale".

"Ce soir, s'il est encore en poste à l'Economie, il n'y a plus de Premier ministre", avait au contraire jugé le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, sur LCI et Radio Classique.
Soutenant la démarche de M. Montebourg, l'un de ses alliés quand elle était au gouvernement, l'ancienne ministre Cécile Duflot a affirmé de son côté: "nous serons nombreux à être aux côtés de tous ceux qui veulent ce changement de cap et de politique économique du gouvernement".
Aux commandes depuis le printemps d'un grand pôle ministériel économique, Arnaud Montebourg, 51 ans, électron incommode de la famille socialiste, n'a cessé au cours de sa carrière politique de multiplier les coups d'éclat.

Dimanche, a Frangy-en-Bresse, il avait demandé à François Hollande une "inflexion majeure de notre politique économique", assurant qu'il avait "le devoir" de "ne pas se taire" et "de proposer des solutions alternatives".

Dans le journal Le Monde il demandait de "hausser le ton" vis-à-vis de l'Allemagne, "prise au piège de la politique austéritaire", quand François Hollande, mercredi, déclarait ne pas vouloir de "face-à-face" avec Berlin.

Il représentait, avec son collègue de l'Education nationale, Benoît Hamon, la caution de l'aile gauche du gouvernement. Il avait d'ailleurs pris du galon à la faveur du gouvernement Valls en élargisssant son portefeuille à l'Economie, en plus du Redressement productif qu'il détenait depuis mai 2012.

Dimanche soir, Benoît Hamon n'avait pas été visé par le rappel à l'ordre de Matignon.
"On est maintenant devant une situation où la réponse est le durcissement et l'autorité. C'est la ligne désastreuse après ne pas avoir pris l'ensemble des forces de gauche qui avaient fait sa victoire, éliminé les écologistes puis éliminé l'aile récalcitrante qui représente quand même beaucoup de gens au sein du PS, François Hollande se trouve comme un roi nu", a réagi Marie Noëlle Lienemann sur BFMTV.

Prise de court par l'annonce de la démission du gouvernement, la droite n'avait pas encore réagi à ce séisme politique en milieu de matinée







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